Première européenne à Gand : Cordeel Group mise sur le chanvre industriel pour lutter contre les PFAS
Phytoremédiation avec réutilisation complète comme objectif
Au lieu de recourir aux techniques classiques d’assainissement telles que l’excavation et la mise en décharge — où des sols de valeur sont souvent perdus de manière définitive — les partenaires optent pour une approche de phytoremédiation ex situ. Dans ce cadre, 100 m³ de sols contaminés par les PFAS sont traités dans une serre de 100 m². Le chanvre industriel, une culture à croissance rapide et à enracinement profond, absorbe les PFAS, tandis que des amendements du sol soigneusement sélectionnés mobilisent ou fixent ces substances tout en renforçant la vie et la structure du sol.
La serre est équipée de systèmes contrôlés d’irrigation, de température et d’éclairage, et fonctionne comme un environnement entièrement fermé. L’eau de pluie est collectée et réutilisée, et seule la biomasse récoltée — contenant des PFAS — est évacuée en toute sécurité. Grâce à ces conditions contrôlées, les processus naturels sont accélérés et les partenaires peuvent tester différents scénarios en parallèle dans deux compartiments distincts. L’objectif final : créer un sol sain et entièrement réutilisable, plutôt qu’une solution « end-of-pipe » aboutissant à une mise en décharge.

L’innovation par la collaboration
Le premier semis a eu lieu en présence du ministre flamand de l’Environnement et de l’Agriculture, Jo Brouns. Sa présence souligne l’importance sociétale de ce projet et confirme le rôle de pionnier que Cordeel Group et ses partenaires assument dans la transition vers un assainissement durable des sols.
« Ce projet montre comment l’innovation et la collaboration peuvent conduire à des solutions durables et concrètes pour des problématiques environnementales complexes », déclare Herman Backaert, Innovation Manager chez C-ground. « La serre fermée nous permet de tester l’assainissement des PFAS de manière contrôlée, sûre et accélérée, avec pour objectif final la réutilisation complète du sol. »
Ingmar Nopens, Managing Director chez C-biotech, souligne également l’importance d’une approche intégrée : « Il n’existe pas de solution miracle pour la remédiation des PFAS. Outre les techniques in situ, les méthodes physico-chimiques pour des hotspots spécifiques ou la phytoremédiation pour des contaminations diffuses, une technique ex situ est également nécessaire pour les sites où l’excavation est la seule option. Au lieu de déplacer une solution “end-of-pipe” qui aboutit à une mise en décharge, nous voulons créer un sol sain pouvant être réutilisé. »
Maarten Taelemans, Administrateur délégué chez OVMB, ajoute : « Les PFAS constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis en matière d’assainissement des sols, en Belgique comme à l’étranger. En unissant nos forces avec C-ground et C-biotech, nous explorons une alternative durable et évolutive, offrant des perspectives pour de futurs projets. »

Vers un passage à l’échelle
La serre a été construite en août 2025 et remplie en janvier 2026 de sols contaminés par les PFAS. Si les résultats des tests s’avèrent positifs, les partenaires souhaitent poursuivre le développement de la technique et la déployer à plus grande échelle afin de réaliser des assainissements de sols ex situ à grande échelle.
Avec ce projet, Cordeel Group confirme son ambition de contribuer, par l’innovation, la collaboration et des solutions scientifiquement fondées, à un avenir circulaire où la restauration des sols et le développement durable vont de pair.